CONSTANCE GUISSET AU MUSEE D’ARTS DECORATIFS (MAD) DE PARIS

Caroline et Éric Freymond apporte depuis longtemps leur soutien à des artistes. Parmi eux, Constance Guisset dont ils ont soutenu l’exposition au MAD en 2017.

Constance Guisset est une figure du design français. Elle effectue un travail qui éveille les sens dans les domaines où elle exerce. Nul n’est insensible à son art dans le design et dans la scénographie d’exposition et de spectacle.

Constance Guisset est née en 1976. Elle a fait ses études à l’ESSEC et à Sciences Po Paris. Puis s’oriente vers la création avant de finir diplômée de l’ENSCI-Les ateliers en 2007.

Son travail a été récompensé par de nombreux prix : designer de l’année au Salon de la Maison et de l’Objet en 2010, L’Audi Talents Awards entre autres…

En 2009, elle fonde CG Studio où elle met en application ses dons en design, architecture d’intérieur et en scénographie. Ce studio a pour vocation de la création d’objet ergonomiques et légers, animés et accueillants grâce à Constance Guisset et toute son équipe.

L’une des œuvres emblématiques de la Maison Guisset en sans aucun doute la Lampe Vertigo éditée en 2010 pour l’éditeur Petite Friture. D’autres marques font également appel à Constance Guisset et : Nature et découvertes, Louis Vuitton malletiers, Nodus, pour ne citer qu’eux.

Constance Guisset s’affirme aussi dans le domaine de la scénographie de spectacle. Elle a participé aux Ballets Le funambule par exemple, au concert de Laurent Garnier à la salle Pleyel, à la Chorégraphie Everyness  de Wang Ramirez. Elle travaille aussi sur des scénographies d’expositions, notamment au Musée des arts décoratifs, au musée du quai Branly et au Palais des Beaux-Arts de Lille.

Elle a en plus collaboré avec la marque Suite Novotel pour aménager les hôtels avec du mobilier design et novateur.

L’artiste a également publié son premier livre pour enfant Brouillards en novembre 2017 chez Albin Michel Jeunesse grâce à son travail d’écriture et d’illustration.

Cette artiste aux multiples facettes a naturellement été invitée par le MAD. Une longue et étroite relation avec Constance Guisset s’est mise en place pendant qu’elle était étudiante, à travers divers projets qui lui ont été confiés tels que la création de différents espaces, la réalisation de films…

Le MAD a pour objectif la valorisation des Beaux-Arts appliqués ainsi que la détention de la plus grande collection d’art déco du monde. Il a été inauguré en 1905 dans l’aile Marsau du Palais du Louvre. Son objectif premier est « d’entretenir en France la culture des arts qui poursuivent la réalisation du beau dans l’utile ».

Après avoir visité l’exposition de sa collaboratrice « Anima » à Lausanne, Olivier Grabet, directeur du MAD à Paris,  l’a tout simplement conviée à faire une rétrospective de son travail.

Cette rétrospective de 10 ans de travail en création s’intitule « Constance Guisset Design, Actio ! ».

Le titre « Actio ! » est la traduction latine de « Action ! ». Il rend les créations artistiques vivantes dans la mesure où il donne une dimension théatrale et cinématographique au travail de la scénographie.

L’exposition a  pour but de dévoiler  son univers artistique à travers le travail effectué ces dernières années. Elle se déroule du 14 novembre 2017 au 11 mars 2018 sur 1000 m2 dans différents espaces du Musée. Chaque salle est appelée par un verbe d’action qui fait allusion à la vie et à l’usage des différents objets ou créations. Mais le lexique utilisé invite aussi les visiteurs à aller voir au-delà de leurs fonctions et utilisations initiales.

L’exposition se présente en 2 volets : une partie scénographie et une partie design. Le visiteur commence par les œuvres phares de Constance Guisset et finit par les dernières réalisations dans un parcours bien déterminé. On y découvre aussi le processus de création de l’artiste.

Pendant la visite, le public se rend aussi compte des multiples collaborations de la designer avec d’autres artistes aux créations très variées. Cela démontre la nécessaire ouverture d’esprit pour travailler avec de nouveaux visages pour partager. Ce partage et cette curiosité sont des qualités indispensables au métier de designer. Par exemple, le visiteur a la possibilité de voir les œuvres créées en collaboration avec l’écrivain Adrien Goetz, avec le conservateur du Louvre Frederic Dassas ainsi que le conservateur du MAD Denis Bruna. On peut aussi y voir une œuvre à 4 mains avec Marc Couturier.

Tout d’abord, la première partie de l’exposition s’attarde sur l’aspect scénographie du travail de Constance Guisset. Elle a lieu dans les galeries Moyen-Âge et Renaissance du MAD. On y découvre que la designer utilise des procédés innovants pour mettre en lumière les œuvres phares de sa  collection. Ainsi se créé une sorte d’interaction entre ses créations et les œuvres du musée. On voit alors converser  les objets anciens et contemporains. Elle fait également appel à l’ouïe dans la mesure où on peut entendre des sons divers qui vont guider le visiteur dans le chemin à suivre ou donner des informations sur les créations à contempler.

Ensuite, la deuxième partie de l’exposition se base sur la partie design du travail de Constance Guisset. Elle a lieu dans les galeries aménagées de Jean Nouvelle. L’artiste nous fait découvrir l’ensemble des objets créés depuis 10 ans, mais aussi des créations inédites. Constance Guisset pose la problématique dès le début de cette deuxième partie en amenant les visiteurs à s’interroger sur la finalité des objets et leur statut. La visite se poursuit avec la compréhension du processus de création : quelles inspirations sont les inspirations de l’artiste ? Par quel processus mental l’artiste passe-t-elle pour aboutir son travail ?

Enfin, dans la dernière salle de l’exposition, le public découvre une ambiance de décor de spectacle avec une mise en valeur du travail sur les mots pour la graphiste Agnès Dahan.

Dans ce travail d’exposition, on découvre la volonté de Constance Guisset de mettre en lumière la pluridisciplinarité de son travail, en mettant en avant la réflexion sur l’objet en tant que tel, pour amener le public à s’interroger sur la place de ces objets : sont-ce uniquement des objets  de décoration, qui servent à mettre de la couleur et des formes dans un espace ou alors vont-ils marquer un lieu avec une empreinte bien déterminée ?

La Maison Lignereux à l’Espace Muraille de Genève

Rares sont les grandes marques françaises à avoir perduré à travers les années. Il en est une, assez discrète mais pour autant prestigieuse, qui a su se maintenir malgré le temps qui passe. Il s’agit de Lignereux.

Cette entreprise française a été fondée en 1781 par un créateur d’art, Martin-Eloy Lignereux. Il a été l’un des créateurs d’art phare de son époque. On faisait appel à lui pour décorer les plus somptueuses demeures à travers l’Europe. En 1787, il décide de s’associer avec Dominique Daguerre, grand et réputé marchand de luxe de son époque. Celui-ci tient une boutique célèbre Rue Saint-Honoré à Paris. Cela leur permet d’avoir une double implantation européenne à Londres et Paris grâce aux boutiques de luxe de la marque. Cela va bien entendu les différencier des autres créateurs dans le domaine du luxe et Lignereux et Daguerre vont s’affirmer comme les principaux acteurs dans l’art décoratif dans toute l’Europe.

Les deux hommes se complètent : Lignereux par son expérience commerciale dans le marché du luxe et de l’artisanat d’art, et Daguerre par sa réputation et sa clientèle prestigieuse. Il faut dire que Marie-Antoinette l’apprécie bien et fait appel à lui de nombreuses fois pour alimenter sa collection privée de bijoux et objets d’art en tous genres. La maison Lignereux et Daguerre perdurera et saura faire face aux événements historiques même si le marché du luxe aura été fortement compromis. En 1789, pendant la Révolution Française, Marie-Antoinette confiera même sa collection d’art Lignereux. Celui-ci les remettra à la France après la mort de la reine.

C’est, tout au fil des années, une réputation internationale qui continue à se construire. Avant de mourir, Lignereux vend tout son stock d’objets et de meubles à Pierre-Philippe Thomire, l’un des plus remarquable bronzier français de sa génération. On le comptera parmi les témoins du mariage d’Adélaïde-Anne Lignereux, fille unique du fondateur de la marque.

En ce qui concerne les créations Lignereux, elles ont toutes le point commun d’être « au goût du jour ». Les créateurs évitent les vieilleries. Et ce sont le résultat de travail en commun entre différents artistes qui ont pour but de faire dialoguer des matériaux nobles (bronze, marbre, porcelaine, bois précieux) et des cultures de tout horizon. On retrouve aussi des formes emblématiques comme l’octogone, le dragon, la torche entre autres, qui continuent encore aujourd’hui d’inspirer les artistes contemporains de la marque.

Malheureusement, pendant de longues années, la marque est restée sans créations, mais depuis 2015, on assiste à un réveil de la maison grâce au travail collaboratif des différents artistes contemporains choisis par Lignereux.

Le public et les cibles commerciales de nos jours sont les collectionneurs d’art du monde entier. C’est donc tout naturellement que la marque a choisi un lieu connu de tous les amateurs d’art, pour faire son grand retour sur la scène des expositions. Lignereux posera ses objets chez Caroline et Eric Freymond à l’Espace Muraille. Niché au cœur de l’une des plus belles villes européennes, à Genève, ce lieu d’exposition d’artistes contemporains a pour but de mettre en lumière des artistes et artisans contemporains. C’est également un lieu d’accueil pour des événements privés comme des conférences ou des soirées musicales. Ce lieu a été créé dans la demeure familiale des Freymond. Ces derniers ont toujours été entourés d’objets et d’œuvres d’art. Le lieu d’accueil d’art doit son nom aux anciennes murailles de Genève dans lequel il a été creusé. Les artistes s’y installent pour s’approprier les lieux sur 275 m2 répartis sur 2 niveaux. C’est un réel lieu authentique dans lequel chaque pièce d’art trouve un écrin dans lequel se lover.

La maison Lignereux poursuit donc sa renaissance en choisissant d’exposer des œuvres et des objets artistiques au sein de l’Espace Muraille. Après presque deux ans de quasi-absence d’expositions et d’événements culturels à cause de la crise sanitaire, les visiteurs pourront découvrir les collections de la prestigieuse marque du 24 janvier 2022 au 7 mai 2022. Un grand coup de fouet pour cette renaissance ralentie.

Le couple Freymond et l’archéologie : regard sur la fondation Max Van Berchem.

Si Caroline Freymond révèle que son époux, Éric Freymond, et elle ne possèdent pas de pièce archéologique à leur collection, ils n’en demeurent pas moins très intéressés par ce sujet. Et pour cause, Mme Freymond compte dans sa famille, le célèbre archéologue Max van Berchem, historien et épigraphiste suisse, spécialiste de l’épigraphie arabe.

Regard sur Max van Berchem et sa fondation éponyme

Né en 1863 à Genève, M. van Berchem étudie l’Histoire dans les Universités de Genève, Strasbourg et Berlin. Au cours de ses études et ses nombreuses lectures, il est le premier à réellement s’intéresser aux inscriptions et à considérer leur importance pour la reconstitution de l’Histoire.

Égypte (1887-1890), Jérusalem (1888, 1893 et 1914), Syrie (1884 et 1895) … Très vite, Max van Berchem effectue de nombreux voyages scientifiques et se plaît à étudier les inscriptions de toutes natures qui ornent les monuments, les tombes, tombeaux et autres édifices divers.

Il se découvre alors un intérêt particulier pour les inscriptions arabes et entreprend, entre 1895 et 1914, l’écriture d’un inventaire de toutes celles découvertes lors de ses expéditions. Un travail colossal de plusieurs années durant lesquelles M. van Berchem a non seulement rassembler toutes les inscriptions trouvées sur des monuments et bâtiments mais aussi replacer chaque inscription dans son contexte. Chaque texte étant intimement lié au cadre dans lequel on le trouve.

Dans ces écrits, Max van Berchem s’est montré très pointilleux quant au descriptif détaillé de chacune des inscriptions. L’ouvrage dans lequel on retrouve ce travail colossal est le Corpus Inscriptionum Arabicarum. Il utilise la photographie pour illustrer ses propos et ses découvertes et garder des traces de son travail et devient ainsi le fondateur de l’épigraphie arabe en tant que discipline à part entière.

« Les monuments musulmans sont négligés, leurs ruines magnifiques ne seront bientôt plus que des vestiges informes d’un glorieux et artistique passé (…), il faut relever tous les textes gravés sur les mosquées (…), photographier les monuments (…) et publier ces textes systématiquement de façon à faire un commentaire vivant des institutions musulmanes », a déclaré Max van Berchem en 1892 pour expliquer l’intérêt de son travail.

Max van Berchem meure en 1921 à la suite d’une expédition en Égypte mais ses descendants n’abandonne l’œuvre qu’il avait entrepris.

En 1973, sa fille Marguerite prend la décision de créer une fondation en l’honneur de son père, dans le but de financer des fouilles archéologiques à travers le monde arabe, mais également dans des contrées plus occidentalisées (Egypte, Syrie, Jordanie, Espagne, Hongrie, Bulgarie, Turquie, Tunisie, Maroc, Iran, Soudan, Iraq, Turkménistan, Inde). La fondation éponyme a pour vocation de continuer à conserver le travail de Max Van Berchem, mais également de financer des études en art islamique.

Cette fondation a connu deux grandes périodes. La première (1973 à 1984) a été celle de la mise en valeur des archives, avec la publication d’ouvrages en relation avec le travail de Max Van Berchem (des photos, des correspondances ou des articles). La deuxième période court depuis 1984. Elle englobe la présidence par Guy Van Berchem (cousin de la fondatrice). Cette période se traduit par des moyens financiers plus importants grâce aux différents mécènes et parrains de cette fondation. Elle a aujourd’hui pour ambition d’aider des projets bien plus ambitieux qu’à sa création, comme différents travaux de recherches dans différents domaines.

Les différents projets soutenus au sein de la fondation Max Van Berchem sont répartis dans 5 domaines : l’archéologie, épigraphie/calligraphie, l’architecture, l’Histoire et l’Histoire de l’art.

Le Thesaurus d’Epigraphie Islamique est l’un des plus gros projets soutenu et financé par la fondation. Il contient les inscriptions trouvées et répertoriées dans l’Europe de l’Est, au Maghreb, au Moyen Orient, en Asie Centrale, dans des pays africains, en Europe occidentale, dans le Caucase, en Turquie, en Iran, en Iraq, et en Russie. Édité tous les deux ans, il regroupe pas moins de 49 000 fiches épigraphiques et 14 000 photos d’inscriptions. La fondation le met à disposition gratuitement sur internet.

Conseil administratif de la fondation : Costin Van Berchem (Président), Caroline Freymond-Van Berchem (Trésorière), Richard Gautier, Charles Genequand (Président du Conseil Scientifique), et Louise Martin-Van Berchem. Ce sont tous des proches de la famille Van Berchem et des passionnés d’art et d’histoire.

Caroline Freymond et son époux, Éric Freymond, apportent beaucoup de leur temps et de leur soutien à la fondation van Berchem.

La restauration des appartements privés du Duc et de la Duchesse d’Aumale à Chantilly.

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Situé à une vingtaine de minutes de la tumultueuse Gare du Nord à Paris, le domaine de Chantilly fait partie des plus jolies propriétés du patrimoine français. Cette magnifique demeure est l’œuvre d’un roi, Henri d’Orléans, Duc d’Aumale qui a vécu de 1822 à 1897. Il en a hérité à l’âge de 8 ans en 1830, lorsque son parrain, Louis-Henri-Joseph de Bourbon, dernier prince de Condé est mort.

« Cet écrin de richesse préservée » était un lieu auquel le Duc d’Aumale était très attaché. Ainsi, malgré sa prise de fonction en tant que gouverneur général en Algérie en 1847, il fût impossible pour lui d’oublier le domaine de Chantilly. Il décide alors de faire reconstruire le « Grand château » du domaine, détruit après la Révolution Française en 1799. D’immenses travaux ont alors eu lieu entre 1875 et 1885. Par la suite, après son mariage à Naples avec sa cousine Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, Henri d’Orléans fait appel à Eugène Lami pour la décoration de la somptueuse demeure, et plus spécialement de ses appartements privés. Situés au premier étage du château, les appartements privés de Chantilly étaient le lieu de réception et d’habitation des princes de Bourbon-Condé.

Le Duc était considéré comme le plus grand collectionneur de son temps ; il possédait livres précieux, tableaux et objets d’art qui ont fait de sa demeure un modèle de décoration du XVIIIème siècle. L’ensemble du Grand Château était d’ailleurs réservé à abriter toutes les collections d’art du Duc et de la Duchesse d’Aumale.

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Après avoir perdu son épouse et ses filles, Henri d’Orléans se retrouve seul, il n’a pas de descendant. En 1886, il décide alors de léguer le Domaine de Chantilly à l’institut de France, qui regroupe l’Académie Française, l’Académie des sciences, l’Académie des Beaux-Arts et l’Académie des Sciences Morales et politiques. Le Duc d’Aumale avait tout de même émis la réserve que rien ne devait être changé et qu’aucune œuvre ne devait quitter les collections. Le domaine de Chantilly est alors devenu le plus grand musée de peintures anciennes après le Louvre grâce à Henri d’Orléans. Le domaine est ouvert au public et jusqu’en 2017, seuls quelques petits rafraîchissements avaient été effectués.

Le travail de restauration des appartements privés du domaine de Chantilly a été une rénovation de grande ampleur. En effet, c’est un montant de 2,5 millions d’euros qui aura été nécessaire pour redonner l’éclat et une nouvelle jeunesse aux appartements privés du couple d’Aumale.

À cause des boiseries grisées et des parquets affaissés, il a fallu refaire les lieux des sols aux plafonds. Les meubles et les œuvres d’art ont aussi eu droit à leur cure de Jouvence.

Les travaux ont débuté en 2017. Ce travail colossal était inscrit dans un plan général de restauration, mené par la fondation depuis 2005 pour sauvegarder le domaine de Chantilly qui a fait appel à de nombreux mécènes dont Caroline et Éric Freymond ou encore Friends of the Domaine de Chantilly, Amis du Musée de Condé, Institut de France, ainsi que les entreprises Yves Delorme et Longines… La volonté de conserver la sensation d’intimité n’a pas facilité la tâche d’un point de vue technique dans la mesure où chaque objet a dû retrouver sa place initiale afin de garder l’impression que rien n’avait bougé. Dans la chambre de la Duchesse, un couvre-lit d’époque a été retrouvé dans une réserve et a pu être restauré pour retrouver sa place d’époque. Ces appartements sont le seul exemple d’un intérieur princier d’époque conservé à l’identique de la mode de la Monarchie de Juillet.

D’après Mathieu Deldicque, conservateur au musée de Condé «  les travaux réalisés sont un véritable retour dans le temps. Rien n’a bougé, le porte-brosse à dents de la Duchesse, les objets à pipe du Duc, tout est là. »

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La réouverture des appartements privés en 2019 a également été l’occasion de mettre en lumière le fabuleux travail d’Eugène Lami qui fût le premier décorateur moderne de l’histoire. Il fût aussi le premier à acheter et chiner les meubles pour le Duc d’Aumale, plutôt que de les choisir dans un garde-meuble royal.

Nous retrouvons dans ce travail de restauration une approche humaine de l’art de collectionner, qui ravit l’un des plus grands mécènes concerné par ce travail, Amyn Aga Khan : « chaque fois que j’approche de Chantilly, je suis frappé par le spectacle de cette architecture fantastique. Une fois, à l’intérieur du château, je suis émerveillé par le goût du Duc d’Aumale et ravi de contribuer aujourd’hui à le faire revivre. »

Cela prouve la volonté de ne pas laisser les œuvres d’art et la décoration originale être emportées et modifiées par le temps.

Les visites se font aujourd’hui en petits groupe de 12 personnes maximum et en visite guidée également. De quoi faire un bon de 150 ans en arrière…

Un reconfinement qui sonne la fin de Manifesta 13

marseille-tourisme.com

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de bouleverser le monde, la France vient d’annoncer un nouveau confinement national à compter de ce vendredi 30 octobre.

Un reconfinement qui sonne la fin de la biennale itinérante d’art contemporain Manifesta qui avait posé ses valises à Marseille pour sa 13ème édition.

Le calendrier de la biennale européenne s’était déjà vu bouleversé. Compromise par le premier confinement et ses conséquences, Manifesta 13 initialement prévue en juin, avait finalement pu ouvrir ses expositions au public le 28 août et ce en déployant graduellement sa programmation en 3 volets : Traits d’union. s, le programme principal, Le Tiers Programme, volet éducatif et de médiation et Les Parallèles du Sud, programme d’évènements parallèles dans toute la région Sud. Aujourd’hui, après concertation avec la Maire de Marseille Michèle Rubirola, le Ministère de la Culture, la Préfecture et le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Hedwig Fijen annonce officiellement la fin de la 13e édition de Manifesta un mois avant son terme prévu.

Heureusement tout n’est pas encore terminé ! Il vous reste la journée d’aujourd’hui, annoncée totalement gratuite, pour profiter de la magie Manifesta avant le confinement de demain. Et pour ceux qui n’auraient pas pu faire le déplacement, les organisateurs de la biennale vous donne rendez-vous en ligne pour des déclinaisons numériques de certains de ses projets dont les modalités seront annoncées dans les prochains jours.

 

Journée Mondiale de la Mer : « Des transports maritimes durables au service d’une planète durable »

« Homme libre, toujours tu chériras la mer ». En France, la Marine Nationale a décidé d’ouvrir la journée mondiale de la mer sur cet extrait, très à propos, de l’Homme et la Mer.

Puis à nous d’ajouter le second vers de ce célèbre poème de Baudelaire : « La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme » !

À en voir l’état actuel des mers, quelle âme que celle de l’Homme du 21ème siècle me direz-vous !

Heureusement, parmi ces hommes, nombre sont ceux qui ont décidé d’agir pour conserver et protéger les mers et océans.

Le thème de la journée mondiale de la mer cible cette année « des transports maritimes durables au service d’une planète durable ».

Avec une part de plus de 80% du transport de marchandises, l’impact du transport maritime sur la planète est effectivement non négligeable. Améliorer de façon pérenne cet impact est une question essentielle sur laquelle s’est penchée l’ONU à travers son institution spécialisée connue sous le nom d’OMI, Organisation Maritime Internationale. En 2015, l’ONU qui fixait 17 objectifs de développement durable pour 2030, visait en quatorzième position la conservation et l’exploitation de manière durable des mers et océans.

À l’occasion de cette journée de la mer, l’OMI ainsi que des associations et entreprises telles que RespectOcean, Pole Star ou encore l’UNGC ont organisés une série d’événements et conférences afin de maintenir la propreté et la sécurité des mers.

L’industrie du transport maritime s’est quant à elle engagée d’une part à réduire d’ci 2030 ses émissions de gaz à effet de serre, le taux de sulfure des carburants de bateaux, les déchets marins et d’autre part à mettre en œuvre la convention sur la gestion des eaux de ballast, à protéger les pôles nord et sud de la fonte des glaces, à améliorer l’efficacité des échanges électroniques d’informations en mer mais aussi à accroître la participation des femmes dans la communauté maritime.

En somme, disons qu’un grand nettoyage de miroir est en vue !

Les parents d’Éric Freymond dans la célèbre Topolino qui conduisit Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

Quelle immense surprise que de découvrir sur la page Facebook de l’Espace Muraille[1] une photo des parents d’Eric Freymond, jeunes mariés, à bord de la célèbre Fiat 500 Topolino qui conduisit Nicolas Bouvier et Thierry Vernet de Genève à l’Afghanistan pour une odyssée de 17 mois. Avant d’embarquer nos deux artistes genevois, cette même Topolino avait d’abord conduit les parents d’Eric Freymond, Monique Vernet et Pierre Freymond en voyage de noces en 1949 soit 3 ans avant le périple Bouvier – Vernet.

D’ailleurs pour la petite histoire, l’hôtel particulier des Freymond qui héberge aujourd’hui l’Espace Muraille avait appartenu jadis à la famille Vernet. Plus d’un demi-siècle plus tard, Caroline et Éric Freymond se préparent à exposer un hommage à Thierry Vernet dans cette fameuse galerie du 8 rue Beauregard… comme une impression de retour aux sources !

 

[1] https://www.facebook.com/espacemuraille

THIERRY VERNET OU LA VISION D’UN PEINTRE VOYAGEUR

Caroline et Éric Freymond rendent hommage à Thierry Vernet à travers une exposition personnelle de peintures, dessins, correspondances et objets de l’artiste. « Dans la lumière et la vision d’un peintre voyageur » exposée à l’Espace Muraille du 24 septembre au 21 novembre 2020 plongera les visiteurs dans un voyage historique, en 1953, lorsque deux jeunes genevois décident de parcourir le monde à bord d’une Fiat Topolino.

ÉTÉ 1953 : Thierry Vernet et Nicolas Bouvier, deux jeunes amis âgés respectivement de 26 et 25 ans décide d’entreprendre un tour du monde par la route des Indes.

JUIN 1953. Genève : Thierry Vernet embarque seul pour la Yougoslavie où il prévoit d’exposer. Il peint sur les routes pour préparer l’exposition yougoslave à Belgrade prévue en août.

JUILLET 1953. Belgrade : Nicolas Bouvier rejoint son fidèle compagnon à bord de la célèbre Fiat Topolino qui les conduira jusqu’au bout du monde.

DE 1953 À 1954 : Long périple de près de deux ans entrainant les deux compères dans un voyage exceptionnel et riche de découvertes durant lequel, chemin faisant, le tandem Vernet-Bouvier apprendra du monde, de leurs rencontres, des gens et de leurs mœurs…

SEPTEMBRE 2020 : Embarquez à votre tour à bord de la Topolino le temps d’une exposition et découvrez l’univers de Thierry Vernet. Des dessins et manuscrits originaux du fameux voyage de l’artiste aux côtés de Nicolas BOUVIER prêtés par la bibliothèque de Genève complèteront le catalogue.

Doug Aitken et sa maison mirage

C’est à Gstaad dans les Alpes Suisses que l’artiste californien Doug Aitken a élu domicile pour sa maison itinérante Mirage Gstaad.

L’artiste américain est artiste multimédia ; il allie différentes technologies et médias pour créer des œuvres qui se veulent à la fois modernes et poétiques.

En 1999, à la biennale de Venise, il a été récompensé pour son œuvre Electric Earth.

La maison Mirage de Doug Aitken est l’illustration du travail de l’artiste. En effet, il aime raconter des histoires via ses œuvres comme tout artiste, mais il a en plus la particularité de mêler différents média et technologies pour créer des environnements plus originaux les uns que les l’autres. Doug Aitken aime faire tomber les barrières entre les différents domaines artistiques, et ne se restreint pas à un aspect de l’art contemporain. Ce qui a alors l’avantage de rendre ses œuvres plus vivantes et donc plus attractives.

Ainsi, le spectateur ou le visiteur devient élément à part entière des différents travaux de l’artiste. C’est le cas pour sa réalisation à New York sur le mur du  MoMa Sleepwalkers de 2007.L’œuvre est interactive dans le sens où elle perçoit le nombre de spectateurs et adapte les sons et images en fonction de l’affluence.

Cette année et pour une durée de deux ans (jusqu’en janvier 2021), la petite maison Mirage de Doug Aitken est installée sur les hauteurs de Gstaad, dans les Alpes suisses, à 1200m d’altitude. Construite sur le modèle des cabanes de l’ouest américain, elle a une ossature en bois et en acier. Des miroirs en aluminium recouvrent l’extérieur de la maison et une grande partie des murs intérieurs.

Cette œuvre permet à des milliers de touristes de découvrir une vision de la maison différente en fonction des jours et des heures de visite. En effet, le Mirage Gstaad est né du désir de créer une œuvre évolutive : la maison n’est jamais la même. Elle change en fonction de différents facteurs : l’heure de la journée, de la lumière, des visiteurs ou de la météo.

La multitude de miroirs permet à la petite maison sur la montagne d’absorber et de refléter le paysage. Mais alors pourquoi maison « mirage » ?… Tout simplement parce que lorsqu’on cherche à la contempler de loin, elle devient invisible.

Le concept de Doug Aitken est en fait de refléter l’environnement dans lequel le Mirage prend place : la première version a été ouverte dans le désert américain à Palm Springs, ensuite l’artiste a installé la deuxième maison mirage dans une ancienne banque à Detroit en prenant soin d’ajuster sa structure et son architecture afin d’obtenir un meilleur rendu en fonction du lieu et de refléter dans les meilleures conditions le paysage pour habiller les murs miroir. C’est dans son troisième lieu en Suisse, sur la montagne Videmanette, que Doug Aitken a voulu installer sa maison kaléidoscopique. Ici, l’artiste a su mettre en avant l’écrin naturel helvétique dans lequel il a installé son Mirage. Il met en évidence le spectacle quotidien de la nature qui est loin de lasser les innombrables visiteurs.

Si le cœur vous en dit, et après une petite randonnée d’un quart d’heure, vous avez la possibilité de visiter la maison, uniquement accessible à pieds, la route y menant ayant été fermée depuis son installation à Gstaad. Elle est ouverte tout au long de l’année à l’adresse suivante ; Löchlistrasse 26 3778 Schönried.