Le couple Freymond et l’archéologie : regard sur la fondation Max Van Berchem.

Si Caroline Freymond révèle que son époux, Éric Freymond, et elle ne possèdent pas de pièce archéologique à leur collection, ils n’en demeurent pas moins très intéressés par ce sujet. Et pour cause, Mme Freymond compte dans sa famille, le célèbre archéologue Max van Berchem, historien et épigraphiste suisse, spécialiste de l’épigraphie arabe.

Regard sur Max van Berchem et sa fondation éponyme

Né en 1863 à Genève, M. van Berchem étudie l’Histoire dans les Universités de Genève, Strasbourg et Berlin. Au cours de ses études et ses nombreuses lectures, il est le premier à réellement s’intéresser aux inscriptions et à considérer leur importance pour la reconstitution de l’Histoire.

Égypte (1887-1890), Jérusalem (1888, 1893 et 1914), Syrie (1884 et 1895) … Très vite, Max van Berchem effectue de nombreux voyages scientifiques et se plaît à étudier les inscriptions de toutes natures qui ornent les monuments, les tombes, tombeaux et autres édifices divers.

Il se découvre alors un intérêt particulier pour les inscriptions arabes et entreprend, entre 1895 et 1914, l’écriture d’un inventaire de toutes celles découvertes lors de ses expéditions. Un travail colossal de plusieurs années durant lesquelles M. van Berchem a non seulement rassembler toutes les inscriptions trouvées sur des monuments et bâtiments mais aussi replacer chaque inscription dans son contexte. Chaque texte étant intimement lié au cadre dans lequel on le trouve.

Dans ces écrits, Max van Berchem s’est montré très pointilleux quant au descriptif détaillé de chacune des inscriptions. L’ouvrage dans lequel on retrouve ce travail colossal est le Corpus Inscriptionum Arabicarum. Il utilise la photographie pour illustrer ses propos et ses découvertes et garder des traces de son travail et devient ainsi le fondateur de l’épigraphie arabe en tant que discipline à part entière.

« Les monuments musulmans sont négligés, leurs ruines magnifiques ne seront bientôt plus que des vestiges informes d’un glorieux et artistique passé (…), il faut relever tous les textes gravés sur les mosquées (…), photographier les monuments (…) et publier ces textes systématiquement de façon à faire un commentaire vivant des institutions musulmanes », a déclaré Max van Berchem en 1892 pour expliquer l’intérêt de son travail.

Max van Berchem meure en 1921 à la suite d’une expédition en Égypte mais ses descendants n’abandonne l’œuvre qu’il avait entrepris.

En 1973, sa fille Marguerite prend la décision de créer une fondation en l’honneur de son père, dans le but de financer des fouilles archéologiques à travers le monde arabe, mais également dans des contrées plus occidentalisées (Egypte, Syrie, Jordanie, Espagne, Hongrie, Bulgarie, Turquie, Tunisie, Maroc, Iran, Soudan, Iraq, Turkménistan, Inde). La fondation éponyme a pour vocation de continuer à conserver le travail de Max Van Berchem, mais également de financer des études en art islamique.

Cette fondation a connu deux grandes périodes. La première (1973 à 1984) a été celle de la mise en valeur des archives, avec la publication d’ouvrages en relation avec le travail de Max Van Berchem (des photos, des correspondances ou des articles). La deuxième période court depuis 1984. Elle englobe la présidence par Guy Van Berchem (cousin de la fondatrice). Cette période se traduit par des moyens financiers plus importants grâce aux différents mécènes et parrains de cette fondation. Elle a aujourd’hui pour ambition d’aider des projets bien plus ambitieux qu’à sa création, comme différents travaux de recherches dans différents domaines.

Les différents projets soutenus au sein de la fondation Max Van Berchem sont répartis dans 5 domaines : l’archéologie, épigraphie/calligraphie, l’architecture, l’Histoire et l’Histoire de l’art.

Le Thesaurus d’Epigraphie Islamique est l’un des plus gros projets soutenu et financé par la fondation. Il contient les inscriptions trouvées et répertoriées dans l’Europe de l’Est, au Maghreb, au Moyen Orient, en Asie Centrale, dans des pays africains, en Europe occidentale, dans le Caucase, en Turquie, en Iran, en Iraq, et en Russie. Édité tous les deux ans, il regroupe pas moins de 49 000 fiches épigraphiques et 14 000 photos d’inscriptions. La fondation le met à disposition gratuitement sur internet.

Conseil administratif de la fondation : Costin Van Berchem (Président), Caroline Freymond-Van Berchem (Trésorière), Richard Gautier, Charles Genequand (Président du Conseil Scientifique), et Louise Martin-Van Berchem. Ce sont tous des proches de la famille Van Berchem et des passionnés d’art et d’histoire.

Caroline Freymond et son époux, Éric Freymond, apportent beaucoup de leur temps et de leur soutien à la fondation van Berchem.

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