Païtiti, à la recherche de la cité d’or perdue

Et non ! Cet article n’a pas pour dessein de faire la promotion du dernier roman en vogue ni du prochain volet d’Indiana Jones… Quoique ! Thierry Jamin, dont il sera question au fil de ces quelques lignes, a tout d’un vrai Indiana Jones à la française.

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Thierry Jamin, chercheur et explorateur français

Chercheur et explorateur toulousain, Thierry Jamin dirige une organisation non gouvernementale dédiée à la recherche scientifique et plus particulièrement à celle de Païtiti.

Mais qu’est-ce que PaÏtiti?

Selon la légende, les derniers incas persécutés par les conquistadors européens se seraient réfugiés avec toutes leurs richesses dans une immense ville secrète qui aurait disparu avec l’extinction de ses derniers habitants. Ce mystère lui vaut aujourd’hui le nom de « cité d’or perdue » ou encore de  « trésor maudit » puisque  la majorité des chercheurs, découragés par une quête périlleuse et sans fin, semble penser que las incas n’ont laissé aucune trace permettant de localiser la cité d’or.

Thierry Jamin quant à lui est catégorique : les pétroglyphes (signes taillés dans la pierre)

thierry Jamin face aux pétroglyphes de Pusharo
Thierry Jamin face aux pétroglyphes de Pusharo

découverts sur le site archéologique de Pusharo en 1921 sont pour lui une sorte de carte géographique codée laissée par les incas et

qui mènerait, à coup sûr, à la ville mystère. C’est pourquoi, épaulé par son équipe péruvienne de l’Institut Inkari, , il arpente depuis maintenant près de vingt ans l’Amazonie péruvienne à la recherche de Païtiti. Non sans péril, il s’engage dans plusieurs expéditions archéologiques dans les jungles du sud du Pérou qui lui causeront bien des misères. Confronté à la dure réalité des recherches sur le terrain, il sillonne dangereusement les jungles épaisses, tantôt chaudes et étouffantes, tantôt humides et froides. Mais les conditions climatiques, aussi qu’éprouvantes soient-elles, ne représentent pas l’obstacle majeur à sa quête.

On raconte qu’il fallut plus de vingt mille lamas pour acheminer tout  l’or des incas persécutés jusqu’à Païtiti. De quoi attirer toutes les convoitises! Païtiti, aussi connue sous le nom de l’Eldorado, est donc convoitée et recherchée depuis le seizième siècle et a longtemps donné lieu à une sanglante course au trésor à laquelle n’a pas échappé Thierry Jamin.  Pourtant, Thierry Jamin est bien plus attaché aux avancées historiques qu’apporterait la découverte de Païtiti qu’à la soif d’or. On ne peut malheureusement pas en dire autant des narcotrafiquants locaux et autres malintentionnés! Mais ses motivations sont sans cesse remises en question par les municipalités péruviennes et autres chercheurs. Malmené, l’explorateur français se heurtent ainsi à bien des procès allant parfois même jusqu’à le mener en prison.

Malgré cela, fort de ses découvertes enrichissantes et du soutien de donateurs, Thierry Jamin continue de consacrer sa vie à la recherche de la cité d’or perdue. Un motivation à toute épreuve et un déterminisme qu’Eric Freymond salue en soutenant et  finançant une large partie de la campagne « Païtiti 2016 ».

Jungle amazonienne
Jungle amazonienne

 

Venise et la renaissance du Palais Royal

v6dx8itmvvuljwmoo1ewxjl72ejkfbmt4t8yenimkbxeejxnn4zjnz2ss5ku7cxtNapoléon, alors proclamé roi d’Italie en 1805, décide lors de sa venue à Venise en 1807, la construction d’un palais impérial en face de la célèbre basilique Saint-Marc. L’entreprise, confiée au décorateur Guiseppe Borsato et dure six années. Après l’ère napoléonienne, Guiseppe Borsato poursuit son œuvre au service des Habsbourg qui occuperont à leur tour le palais impérial pendant un demi-siècle. Dans les années 1920, les Savoie qui ont succédé aux Autrichiens en 1866 finissent par céder le palais à l’Etat. Une grande majorité des salles est alors attribuée à différentes administrations qui, y installant leur bureaux, entrainent la dégradation du palais. « Chef d’œuvre oublié », « trésor perdu »…nombreuses sont alors les expressions qui serviront à décrire le triste sort connu par le palais royal de Venise. Edifice d’une importance et d’un prestige indéniable, ses pièces ont pourtant souffert d’une utilisation inadéquate pendant près d’un siècle; le faisant ainsi passer du statut de trésor artistique à simple bâtiment purement fonctionnel. Comment expliquer une telle négligence?

021Palais royal construit sur ordre de Napoléon et longtemps habité par l’impératrice Elisabeth dite « Sissi », ce bâtiment apparaît aux yeux des vénitiens comme le témoignage matériel d’un passé douloureux. Napoléon reste avant tout celui qui a décrété la fin de la glorieuse République de Venise qui dominait la ville depuis huit cents ans (697-1797). Quant à Sissi, elle est le symbole même du joug de l’occupant autrichien, autrement dit, d’une page de l’Histoire que les vénitiens ont longtemps préféré oublier. Au-delà de l’aspect matériel et artistique, les rénovations entreprises par le Comité français pour la sauvegarde de Venise pour faire renaitre le palais impliquaient finalement une certaine réconciliation entre la cité des doges et le souvenir de l’Empire. Alors simple négligence ou condamnation aux oubliettes volontaire, force est de constater que cette renaissance du palais allait faire sortir un cadavre du placard!

Plus d’une dizaine d’années de travaux permettent aujourd’hui d’admirer la réussite éblouissante de ce projet. Initié dans les années 1990, il s’inscrit dans le cadre d’un programme de restauration du musée Correr visant à reconstituer l’ensemble du palais royal, à redonner leur splendeur à ses décors de fresques, de marmorini et de marbres polychromes ainsi qu’à remettre en place le mobilier d’origine en réserve depuis la fin de la monarchie.

sis00Si deux premières campagnes de rénovations avaient déjà permis en 2012 de rouvrir au public neuf pièces alliant l’élégance néoclassique d’inspiration française et la fantaisie néo baroque datant de l’époque où Sissi y a séjourné. Une troisième campagne de restauration s’attacha à faire renaître les appartements de l’Empereur.

Ainsi, des appartements de l’empereur à la salle du trône, en passant par la galerie napoléonienne, à terme, ce sont vingt pièces qui s’ajoutent au musée de l’histoire de Venise dans le cadre d’un « Grand Correr ». Ce n’est autre finalement que deux siècles d’Histoire qui ré émergent grâce à cette réhabilitation des pièces promue par le comité français pour la sauvegarde de Venise avec l’appui exclusif de mécènes privés dont font partie Eric Freymond et son épouse, Caroline Freymond.

La salle des bains de Marie-Antoinette

 

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Baignoire en cuivre installée dans la salle des bains de Marie-Antoinette.
L’intérêt ainsi que les investissements portés par Éric Freymond sur de nombreux projets continuent de nous faire voyager à travers le temps et l’espace. Qu’ils soient du ressort de l’innovation, de l’avancée scientifique ou encore l’art, ces projets éclectiques ne cessent de  nous faire découvrir ou redécouvrir des lieux splendides. Ces derniers nous portent cette fois-ci en plein cœur du château de Versailles, au cœur du passé historique de nos concitoyens français. Rendons-nous ainsi, le temps de ces quelques lignes, au milieu du 18ème siècle, alors que le château est encore en possession d’un monarque français, Louis XVI, et que la cour vit ses dernières années à Versailles. De nombreux travaux de rénovation et de restauration ont en effet eu lieu au château de Versailles dans le but de préserver mais également de tenter de retrouver le plus fidèlement possible, l’atmosphère royale qui régnait en ces temps, au cœur du château. Intéressons-nous quant à nous plus particulièrement à la reine Marie-Antoinette et aux travaux entrepris dans sa salle des bains car, bien que détestée par le peuple français pour être autrichienne, elle reste néanmoins l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire de Versailles et demeure qui plus est, la seule reine ayant imposé son goût personnel à Versailles.

Fille de l’Empereur François Ier de Lorraine et de l’archiduchesse d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, elle s’attire l’inimitié de la cour dès son arrivée à Versailles. Habituée à une vie plus intimiste dans son Autriche natale, Marie-Antoinette supporte mal les contraintes de l’étiquette à Versailles. Elle déteste le spectacle permanent qu’offre la monarchie française et va même jusqu’à refuser de se plier à ses nouvelles obligations en tant que reine. La voyant toujours à la recherche de plus d’intimité et de nouveaux espaces, le roi décide de lui attribuer la fameuse salle des bains en 1782. C’est donc finalement dans ses propres appartements qu’elle trouvera cette intimité qui lui est chère et qui deviendra la ligne directrice des rénovations entreprises dans sa salle des bains.

Située dans le Petit Appartement de la reine, au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles, la salle des bains offrait jusque-là un aspect froid très peu évocateur de Marie-Antoinette. Les rénovations et le remeublement de cette pièce ont donc permis de créer une atmosphère non seulement plus intimiste mais également plus proche du raffinement de Marie-Antoinette. Pendant que les boiseries et les huisseries étaient rafraichies, la pièce des bains se trouvait également pourvue d’une baignoire en cuivre, d’un robinet, d’un seau à laver les pieds, de flambeaux, de bras de lumière mais aussi de plusieurs fauteuils. ©Christian-Milet-01151[1]C’est dans ce remeublement mais surtout dans la nouvelle présentation offerte de la salle des bains que résidera toute l’originalité du projet. En effet, sur une idée  d’Hubert de Givenchy, la peintre, styliste et artiste-plasticienne Isabelle de Borchgrave mettra en scène trois personnages féminins au cœur de la pièce des bains du château de Versailles ainsi que différents objets, accessoires de toilette et étoffes. Un projet original puisqu’il est à noter que  tous les éléments introduits pour cette chaleureuse mise en scène ont été réalisés en papier et permettent amplement de répondre à cette volonté initiale d’illustrer un moment d’intimité de la reine Marie-Antoinette. Reste aux visiteurs le soin d’apprécier les merveilles artistiques et historiques qu’offrent de tels endroits.

Regard sur une ville antique : La Médina de Taroudant et ses remparts

 

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Anatole France déclarait à juste titre en 1885 que « ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir ». Que ce soit en guise de devoir de mémoire, d’enrichissement artistique et culturel ou même par pure stratégie économique, préserver l’héritage culturel passé est aujourd’hui plus que jamais une question essentielle. C’est d’ailleurs dans cet esprit de valorisation des  richesses patrimoniales mondiales, qu’Eric Freymond soutien et participe régulièrement à la restauration de nombreux projets. Parmi ceux-ci, la restauration notamment des somptueux remparts de la ville de Taroudant au Maroc, reconnus au patrimoine mondial de l’UNESCO.

carte taroudantSituée au sud-ouest du Maroc, dans la plaine du Souss; plus précisément à 80 kilomètres à l’est d’Agadir, la médina de Taroudant est connue pour son architecture marocaine authentique mais surtout pour ses remarquables remparts, qui lui valent aujourd’hui le surnom de  « Grande Muraille du Maroc » par rapprochement à sa grande sœur chinoise.

Les remparts de Taroudant dessinent le pourtour de la ville des roudanis (nom donné aux habitants de Taroudant) sur un carré de 2 kilomètres de côté, soit un total de près de 8 kilomètres de murs épais de pisé crénelés, surmontés de 130 tours et 19 bastions. Cette épaisse muraille, actuellement haute de 8 à 14 mètres, date du IXème mais on remarque à travers les différents matériaux utilisés (pain d’adobe, blocs moulés, tâbiya montée en coffrage) qu’elle est en réalité le résultat d’une construction progressive et évolutive. En effet, s’ils ont été initialement édifiés au IXe à l’époque Almoravide, dans le but de servir d’architecture défensive comme en témoignent les cinq monumentales portes originelles, ces remparts ont par la suite évolués au fil des règnes qui ont marqué l’histoire de la ville mais ont également dû faire face à de multiples menaces tant humaines que naturelles.

porte taroudant-rempartsLes premières modifications des remparts ont lieu dès le XIIè siècle, alors que la ville est sous domination almohade, puis sous le règne des Mérinides au XIIIè siècle et contribuent dans un premier temps à une meilleure fortification des remparts. Suite à la destruction de la ville en 1306, la grande muraille du Maroc doit cependant renaître de ses cendres. Ce sont les fondateurs de la dynastie sâadienne qui, faisant de Taroudant la première capitale sâadienne avant Marrakech, redonne une seconde vie aux remparts. Pour faire face à l’accroissement notable de la population roudanie, les Sâadiens finissent même par percer sept nouvelles portes voutées d’architecture mauresque, en plus des cinq déjà existantes. Taroudant semble alors devenir une véritable citadelle imprenable mais ses remparts continueront d’être soumis à rude épreuve. De l’emploi d’artillerie aux guerres, en passant par l’humidité naturelle de la ville et par le séisme d’Agadir du 29/02/1960 qui provoqua de nombreux cisaillements entrainant l’ouverture de fissures dans les murs, les remparts de Taroudant ont en effet maintes fois été éprouvés. Pourtant, grâce aux nombreuses rénovations entreprises, notamment celles entrant dans le cadre du plan de revalorisation des villes antiques, cette édification peut continuer de nous raconter son histoire. C’est en effet en protégeant notre patrimoine qu’on peut définitivement lui permettre de traverser le temps.