Marc Couturier à l’Espace Muraille de Genève

Voila déjà une semaine que les genevois se font le plaisir d’admirer les œuvres singulières de Marc Couturier à l’Espace Muraille de Genève.

Qui est Marc Couturier ?

Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas encore, Marc Emile Léon Couturier est un célèbre plasticien contemporain français né en 1946 à Mirebeau-sur-Bèze en Côte d’Or. Si aujourd’hui, l’artiste vit et travaille à Paris, ses œuvres sont exposées, on peut le dire, dans le monde entier. Paris, Berlin, Luxembourg, Tokyo… et maintenant Genève ont succombé au caractère unique de l’œuvre du bourguignon.

Caroline Freymond et Marc Couturier

Loin de tout parcours canonique, l’œuvre de Marc Couturier est celle d’un autodidacte venu tardivement à la sculpture. Incarnant la figure devenue rare d’un artiste catholique croyant, Marc Couturier se plaît à traquer une beauté jusqu’alors indécelable pour l’empreindre d’un certain mystère et d’une spiritualité qui touchent un public large voire même anticléricale.

Si l’on ne devait dire que quelques mots sur l’art de cet artiste, on préciserait certainement que ce qui fait la particularité de Marc Couturier c’est le fait de poser un regard poétique et singulier sur le monde qui nous entoure. Connu pour le concept de « redressement » qu’il a forgé dans les années 90, Marc Couturier s’empare d’objets du quotidien, souvent négligés ou abandonnés, afin de leur redonner une seconde vie plus artistique. Acheiropoïète en grec ancien autrement dit non modifiés par l’artiste; tels sont les objets, les matériaux qui inspirent notre sculpteur. Il se les approprie pleinement puis nous les donne à voir sans les modifier, simplement en les inscrivant dans un contexte muséal qui les met en valeur.

A travers son exposition « Voyage, voyage, des aucubas aux dames de nage », le sculpteur et dessinateur français ne déroge pas à sa règle : une barque qui surgit d’un miroir, une feuille d’aucuba qui devient vitrail… l’Espace Muraille est en effet pleinement investit de l’atmosphère de Marc Couturier jusqu’au samedi 26 août 2017.

Jonathan Nott fait renaître l’Orchestre de la Suisse Romande

A la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) depuis début janvier 2017, Jonathan Nott compte déjà à son actif des résultats très prometteurs. De la réorganisation de la disposition des musiciens à une tournée de dix jours en Espagne très enthousiasmante, Jonathan Nott est bel et bien décidé à faire renaître l’OSR. Composée de cent douze musiciens, l’OSR assure depuis toujours ses concerts d’abonnés à la salle du Victoria Hall de Genève et au Palais de Beaulieu à Lausanne mais offre également des tournées régulières en Europe, Amérique du Nord et Extrême-Orient qui le conduisent dans les salles les plus prestigieuse du monde entier.

tirée de letemps.ch
tirée de letemps.ch

Pourtant, cette grande institution classique de renommée internationale fondée en 1918 par Ernest Ansermet, a en effet connu une année 2016 plus que houleuse.Suite au départ prématuré de leur précédant directeur Henk Swinnen, les musiciens de l’OSR ont été confrontés à une année sans chef, durant laquelle régnait une atmosphère conflictuelle et pleine de doutes. Fort heureusement, l’arrivée de Jonathan Nott à la tête de l’orchestre finit par mettre tout le monde d’accord. Les musiciens plus qu’heureux de travailler en osmose avec leur nouveau directeur musical, ne manquent pas d’éloges à son sujet et savourent pleinement l’installation de leur chef britannique.

Edmund de Waal: La céramique anglaise s’invite à l’Espace Muraille de Genève

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S’il est bien présent à Genève en tant qu’artiste céramiste, Edmund de Waal nous rappelle, par l’intitulé de son exposition, qu’il est aussi écrivain. « Lettres de Londres », qui a investi les murs de l’Espace Muraille depuis le 20 janvier et ce jusqu’au 31 avril 2017, est en effet un clin d’œil à Voltaire qui vécut ses dernières années près de Genève, dans la ville aujourd’hui appelée Ferney-Voltaire. A l’instar de cette exposition inspirée du recueil d’écrits de ce célèbre philosophe des lumières, Edmund de Waal n’a de cesse de puiser son inspiration dans la littérature, la philosophie ou encore la musique.

Black_milkS’il est à la fois céramiste et écrivain, notre artiste anglais met en avant sa passion pour la céramique avant toute chose. Né en 1964 à Nottingham au Royaume-Uni, il se met à créer des pots dès l’âge de 5 ans. Alors que toute sa famille s’inscrit dans une tradition littéraire, il se démarque en fabriquant des pots. Dès son plus jeune âge, il ressent le besoin de créer quelque chose de ses mains puisque, selon lui, tout ne peut pas être dit à travers des mots. L’ironie du sort voudra pourtant que ce soit en tant qu’écrivain qu’il devienne célèbre et même qu’il finisse par être l’écrivain le plus connu de toute sa famille. Sa renommée mondiale en tant que céramiste suivra de peu. Et pour cause, formé dans un premier temps à la King’s School de Canterbury par le potier d’art Geoffrey Whiting, disciple de Bernard Leach que l’on considère comme le père de la céramique anglaise, il poursuivra par la suite ses études au Japon. Tout comme son prédécesseur Bernard Leach, Edmund de Waal a beaucoup d’affinités avec le Japon, pays qui accueillit sa famille alors qu’elle fuyait le nazisme. Mais Edmund de Wall choisira d’emblée de se détacher de Leach. edmundA son retour au Royaume-Uni après de multiples voyages au Japon, libéré de l’influence de Leach, il fait de la porcelaine sa passion et se distingue notamment par son travail du céladon. La majeure partie de son œuvre en tant que céramiste est en effet constituée de pots de porcelaine cylindriques recouverts de céladon. Le céladon apparaissant comme un choix permettant de matérialiser au sein d’un même objet l’union entre l’orient et l’occident.

Avec de multiples expositions dans les musées du monde entier à son actif, Edmund de Waal reste surtout connu pour ses impressionnantes installations d’objets en porcelaine qui, bien sûr, ne manqueront pas à l’appel genevois de l’Espace Muraille. « Lettres de Londres » s’annonce comme une exposition aux fortes influences musicales. J.S Bach, Terry Riley, musique chorale… autant de références à la musique dans des œuvres qui promettent l’émerveillement de tous les sens.

ArtGenève 2017, le salon d’art qui n’a rien à envier aux grandes foires!

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Au programme en cette fin de mois de janvier, la 6ème édition du tant attendu salon ArtGenève au Palexpo. Volontairement nommé salon plutôt que foire, ce rendez-vous genevois devenu incontournable a pour maître mot la convivialité. Et pour cause, le but premier du directeur Thomas HUG est avant tout de « gagner en qualité ».  En effet, les organisateurs d’ ArtGenève s’accordent sur la fait que leur intention n’est autre que « d’établir en Suisse Romande une plateforme de premier plan pour l’art contemporain, l’art moderne et le design contemporain, afin de faire honneur aux exigences de nombreux collectionneurs et amateurs de l’arc lémanique ». exposants artgeneveAprès déjà cinq édition et bientôt une sixième, on peut dire que le pari est plutôt réussit. Lors de ce salon annuel, se côtoient aussi bien galeries internationales, collections institutionnelles ou privées et  amateurs. Les visiteurs y apprécient l’ambiance fort sympathique autour de laquelle les marchands, loin des pressions habituellement connues de ces types d’événements, prennent le temps de discuter avec les collectionneurs et même avec les simples curieux. Un évènement à taille humaine, agréable et convivial où galeristes, artistes, passionnés, amateurs et touristes de passage se retrouvent pour acheter, cela va sans dire, mais aussi simplement pour parler d’art. A ajouter à ce cocktail presque parfait, le petit plus organisé en collaboration avec  la Ville de Genève. Il s’agit d’ArtGenève/Sculpture, une exposition qui, se tenant en dehors des murs du Palexpo, offre aux visiteurs la possibilité de déambuler dans la ville et plus particulièrement au bord du lac Léman pour continuer d’admirer des œuvres d’art.

Autant d’ingrédients favorables qui ne font que rendre évident le succès grandissant de ce salon ArtGenève dont le succès est confirmé par l’augmentation constante du nombre de visiteurs chaque année.

Il ne vous reste plus qu’à aller jeter un œil au programme ArtGenève 2017 déjà en ligne sur le site du Palexpo, en attendant le début du salon qui aura lieu cette année du 25 au 29 janvier 2017.

Prix Turner 2016

Le prix Turner est certainement une des plus prestigieuses récompenses d’art contemporain au monde. Ce prix, crée par la Tate Modern Museum, fait chaque année le bonheur d’un artiste (ou groupe d’artistes) et ce depuis 1984. Pour pouvoir y prétendre, il est demandé d’être âgé de moins de 50 ans mais aussi d’être né, travaillertuner marten ou résider au Royaume-Uni. La Tate Britain organise la sélection des candidats parmi tous les artistes répondant aux critères et utilisant les nouveaux médias. La nomination se fait ensuite par vote du public. L’évènement est alors fortement couvert médiatiquement, ce qui le rend très célèbre en Outre-Manche. Quelques mois plus tard, en décembre, une grande cérémonie durant laquelle un jury élit l’heureux lauréat a lieu au sein de la Tate. Le prix Turner 2016 a ainsi été décerné le mois dernier à l’artiste londonienne Helen Marten qui l’emporte face à Anthea Hamilton, Michael Dean et Joséphine Pryde.

Agée de 31 ans et connue pour ses sculptures réalisées à partir de matériaux peu communs tels que des peaux de poisson, des œufs, des coquillages ou encore des cubes de craies pour billard, Helen Marten apporte une « contribution exceptionnelle au développement de l’art contemporain visuel»,  pour reprendre les termes du jury.

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Philippe Lardy à l’Espace Muraille de Genève

 

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Dernier week-end désormais pour découvrir à l’Espace Muraille de Genève le passionnant univers de l’illustrateur et peintre Philippe Lardy. Né à Genève en 1963, Philippe Lardy retrouve en 2010 sa Suisse natale après une carrière d’illustrateur aux Etats-Unis puis en France. Il est accueilli depuis le 07 octobre 2016 dans la galerie d’art d’Éric et Caroline Freymond pour une exposition intitulée « Life Forms ».

philippe-lardyAprès des études  à l’institut Saint-Luc de Bruxelles, Philippe Lardy poursuit son cursus scolaire à la School of Visual Arts de New York ; ville dans laquelle il décide de s’établir en 1987 et où il commence sa carrière d’illustrateur. Très vite, il s’intègre au sein des dessinateurs américains et commence à illustrer pour les journaux, magazines et maisons de disques les plus populaires de New-York : The New York Times, Time magazine, Rolling Stone, The New Yorker, Levi’s, Bluenote Records ou encore Disney.

Philippe Lardy vit de fastes années à New-York. Fort de ses expériences et de ses nombreuses rencontres, il édite un livre intitulé Gin & Comix dans lequel il regroupe tout une sélection d’artistes franco-européens. En parallèle, le dessinateur prisé s’exporte et expose ses travaux en Suisse, en France et au Japon.

Au début des années 2000, Philippe Lardy aspire à de nouveaux horizons. Tout en conservant ses travaux d’illustrations pour ses clients américains, il décide de rejoindre Paris pour y développer sa carrière de peintre. Même s’il vit son départ de New-York comme un arrachement, il ressent le besoin de retrouver une création plus libre, détachée de la pression et des attentes du métier d’illustrateur et a fortiori de prendre du recul face à sa carrière de dessinateur. L’année 2008 marque la fin de sa carrière d’illustrateur. Fatigué de répondre à des commandes, il finit par abandonner complètement le métier d’illustrateur de presse pour s’adonner à une création totalement personnelle voire même introspective.

C’est donc aujourd’hui en tant que peintre, que Philippe Lardy nous présente ses œuvres à l’Espace Muraille. En passant du monde de la commande au travail artistique personnel, Philippe Lardy est resté attaché à son goût pour les aplats et les couleurs expressives qui ont fait de lui cetphilippelardylifeforms3artworks1 illustrateur prisé. Les œuvres de « Life Forms » sont d’ailleurs issues d’un travail préalable sur papier. L’artiste suisse s’est en effet amusé à tordre du papier pour lui donner la forme d’une sorte de séquence d’ADN, s’inspirant ensuite du résultat papier pour peindre des formes géométriques incongrues qui se déplient sur les toiles, telles des formes vitales comme le suggère l’intitulé de son exposition.

Venise et la renaissance du Palais Royal

v6dx8itmvvuljwmoo1ewxjl72ejkfbmt4t8yenimkbxeejxnn4zjnz2ss5ku7cxtNapoléon, alors proclamé roi d’Italie en 1805, décide lors de sa venue à Venise en 1807, la construction d’un palais impérial en face de la célèbre basilique Saint-Marc. L’entreprise, confiée au décorateur Guiseppe Borsato et dure six années. Après l’ère napoléonienne, Guiseppe Borsato poursuit son œuvre au service des Habsbourg qui occuperont à leur tour le palais impérial pendant un demi-siècle. Dans les années 1920, les Savoie qui ont succédé aux Autrichiens en 1866 finissent par céder le palais à l’Etat. Une grande majorité des salles est alors attribuée à différentes administrations qui, y installant leur bureaux, entrainent la dégradation du palais. « Chef d’œuvre oublié », « trésor perdu »…nombreuses sont alors les expressions qui serviront à décrire le triste sort connu par le palais royal de Venise. Edifice d’une importance et d’un prestige indéniable, ses pièces ont pourtant souffert d’une utilisation inadéquate pendant près d’un siècle; le faisant ainsi passer du statut de trésor artistique à simple bâtiment purement fonctionnel. Comment expliquer une telle négligence?

021Palais royal construit sur ordre de Napoléon et longtemps habité par l’impératrice Elisabeth dite « Sissi », ce bâtiment apparaît aux yeux des vénitiens comme le témoignage matériel d’un passé douloureux. Napoléon reste avant tout celui qui a décrété la fin de la glorieuse République de Venise qui dominait la ville depuis huit cents ans (697-1797). Quant à Sissi, elle est le symbole même du joug de l’occupant autrichien, autrement dit, d’une page de l’Histoire que les vénitiens ont longtemps préféré oublier. Au-delà de l’aspect matériel et artistique, les rénovations entreprises par le Comité français pour la sauvegarde de Venise pour faire renaitre le palais impliquaient finalement une certaine réconciliation entre la cité des doges et le souvenir de l’Empire. Alors simple négligence ou condamnation aux oubliettes volontaire, force est de constater que cette renaissance du palais allait faire sortir un cadavre du placard!

Plus d’une dizaine d’années de travaux permettent aujourd’hui d’admirer la réussite éblouissante de ce projet. Initié dans les années 1990, il s’inscrit dans le cadre d’un programme de restauration du musée Correr visant à reconstituer l’ensemble du palais royal, à redonner leur splendeur à ses décors de fresques, de marmorini et de marbres polychromes ainsi qu’à remettre en place le mobilier d’origine en réserve depuis la fin de la monarchie.

sis00Si deux premières campagnes de rénovations avaient déjà permis en 2012 de rouvrir au public neuf pièces alliant l’élégance néoclassique d’inspiration française et la fantaisie néo baroque datant de l’époque où Sissi y a séjourné. Une troisième campagne de restauration s’attacha à faire renaître les appartements de l’Empereur.

Ainsi, des appartements de l’empereur à la salle du trône, en passant par la galerie napoléonienne, à terme, ce sont vingt pièces qui s’ajoutent au musée de l’histoire de Venise dans le cadre d’un « Grand Correr ». Ce n’est autre finalement que deux siècles d’Histoire qui ré émergent grâce à cette réhabilitation des pièces promue par le comité français pour la sauvegarde de Venise avec l’appui exclusif de mécènes privés dont font partie Eric Freymond et son épouse, Caroline Freymond.

La salle des bains de Marie-Antoinette

 

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Baignoire en cuivre installée dans la salle des bains de Marie-Antoinette.
L’intérêt ainsi que les investissements portés par Éric Freymond sur de nombreux projets continuent de nous faire voyager à travers le temps et l’espace. Qu’ils soient du ressort de l’innovation, de l’avancée scientifique ou encore l’art, ces projets éclectiques ne cessent de  nous faire découvrir ou redécouvrir des lieux splendides. Ces derniers nous portent cette fois-ci en plein cœur du château de Versailles, au cœur du passé historique de nos concitoyens français. Rendons-nous ainsi, le temps de ces quelques lignes, au milieu du 18ème siècle, alors que le château est encore en possession d’un monarque français, Louis XVI, et que la cour vit ses dernières années à Versailles. De nombreux travaux de rénovation et de restauration ont en effet eu lieu au château de Versailles dans le but de préserver mais également de tenter de retrouver le plus fidèlement possible, l’atmosphère royale qui régnait en ces temps, au cœur du château. Intéressons-nous quant à nous plus particulièrement à la reine Marie-Antoinette et aux travaux entrepris dans sa salle des bains car, bien que détestée par le peuple français pour être autrichienne, elle reste néanmoins l’un des personnages les plus fascinants de l’histoire de Versailles et demeure qui plus est, la seule reine ayant imposé son goût personnel à Versailles.

Fille de l’Empereur François Ier de Lorraine et de l’archiduchesse d’Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, elle s’attire l’inimitié de la cour dès son arrivée à Versailles. Habituée à une vie plus intimiste dans son Autriche natale, Marie-Antoinette supporte mal les contraintes de l’étiquette à Versailles. Elle déteste le spectacle permanent qu’offre la monarchie française et va même jusqu’à refuser de se plier à ses nouvelles obligations en tant que reine. La voyant toujours à la recherche de plus d’intimité et de nouveaux espaces, le roi décide de lui attribuer la fameuse salle des bains en 1782. C’est donc finalement dans ses propres appartements qu’elle trouvera cette intimité qui lui est chère et qui deviendra la ligne directrice des rénovations entreprises dans sa salle des bains.

Située dans le Petit Appartement de la reine, au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles, la salle des bains offrait jusque-là un aspect froid très peu évocateur de Marie-Antoinette. Les rénovations et le remeublement de cette pièce ont donc permis de créer une atmosphère non seulement plus intimiste mais également plus proche du raffinement de Marie-Antoinette. Pendant que les boiseries et les huisseries étaient rafraichies, la pièce des bains se trouvait également pourvue d’une baignoire en cuivre, d’un robinet, d’un seau à laver les pieds, de flambeaux, de bras de lumière mais aussi de plusieurs fauteuils. ©Christian-Milet-01151[1]C’est dans ce remeublement mais surtout dans la nouvelle présentation offerte de la salle des bains que résidera toute l’originalité du projet. En effet, sur une idée  d’Hubert de Givenchy, la peintre, styliste et artiste-plasticienne Isabelle de Borchgrave mettra en scène trois personnages féminins au cœur de la pièce des bains du château de Versailles ainsi que différents objets, accessoires de toilette et étoffes. Un projet original puisqu’il est à noter que  tous les éléments introduits pour cette chaleureuse mise en scène ont été réalisés en papier et permettent amplement de répondre à cette volonté initiale d’illustrer un moment d’intimité de la reine Marie-Antoinette. Reste aux visiteurs le soin d’apprécier les merveilles artistiques et historiques qu’offrent de tels endroits.

L’Art contemporain

En 2014, Éric Freymond quitte Semper pour se consacrer exclusivement à sa passion pour l’art. C’est d’ailleurs lors de cette même année qu’il collabore et soutien son épouse, Caroline Freymond, dans  l’ouverture de l’Espace Muraille, une galerie d’art en plein cœur de Genève.Fidèle à son goût pour les nouveautés et les innovations, il semble presque naturel que cette passion s’oriente plus précisément vers l’art contemporain. Toujours dans l’optique de découvrir le monde éclectique d’Éric Freymond, intéressons-nous aujourd’hui à la question de l’art contemporain.

L’art contemporain, qu’est-ce que c’est?

Cet article n’a évidemment pas pour dessein de fournir une définition exclusive de l’art contemporain et encore moins de l’enfermer dans une simple suite de mots. Il est plutôt question ici d’en offrir une vision brève et synthétique afin de permettre aux novices de regarder l’art contemporain autrement, car s’il est un art qui nécessite une grille de lecture, l’art contemporain en fait indéniablement parti.

Art contemporain et controverse.

De l’appellation « art contemporain » naît d’emblée une difficulté d’enfermer cet art dans une liste de canons ou de critères auxquels il correspondrait. L’une des premières controverses concernant cet art provient certainement de son nom. En effet, la définition même du  terme semble orienter vers une notion exclusivement historique, un terme qui renverrait à  l’idée essentielle d’un art «  qui est du temps présent ». Or on sait que cette notion apparaît dès les années 1945 et reste en vigueur pour qualifier l’art crée de nos jours. Si l’on s’en tient à cette définition stricto sensu du terme, on comprend très vite les limites qu’implique l’idée de « contemporanéité ». Toutes les œuvres et tous les artistes d’aujourd’hui feraient-ils partie du mouvement d’art contemporain ? Et a contrario, peut-on parler d’œuvre contemporaine d’une œuvre datant de 1960 par exemple ? Si chronologiquement cela représente un non-sens évident, artistiquement parlant cela est possible. Il était bien question en 1960 d’artistes contemporains et, dans la même idée, certains artistes de nos jours ne sont pas pour autant partisans de l’art contemporain. Il convient alors de se demander qu’est-ce qui, au-delà de l’approche historique, fait la spécificité de l’art contemporain. Ou encore, en quoi une œuvre est-elle une œuvre d’art contemporain ?

Art contemporain : entre rupture et continuité.

Urinoir en porcelaine manufacturée, ready-made, Marcel Duchamp, 1962. Cette oeuvre d'art contemporain d'abord rejetée puis très controversée incarne parfaitement la dimension provocatrice de l'art contemporain. L'idée étant que ce n'est pas l'objet en lui-même qui est artistique mais le contexte dans lequel il prend tout son sens.
Urinoir en porcelaine manufacturée, ready-made, Marcel Duchamp, 1962.
Cette oeuvre d’art contemporain d’abord rejetée puis très controversée incarne parfaitement la dimension provocatrice de l’art contemporain. L’idée étant que ce n’est pas l’objet en lui-même qui est artistique mais le contexte dans lequel il prend tout son sens.

D’un point de vue aussi bien historique qu’artistique, l’art contemporain s’inscrit pleinement dans la continuité de l’art moderne (1900-1945) ; dans ce sens où il se présente comme une rupture totale avec l’art classique et qu’il met en avant une vision nouvelle de ce qu’on avait pu appeler art jusque-là. Si ce dernier prônait une démarche esthétique de reproduction la plus fidèle possible, l’art moderne vient quant à lui, avec l’apparition de la photographie, révolutionner le monde de la création artistique. L’art ne doit plus avoir pour fonction de représenter fidèlement le réel puisque la photographie est dorénavant là pour le faire. L’art moderne va pouvoir apporter un regard nouveau sur l’idée que l’on se faisait de l’art et permettre de faire intervenir l’expression de la subjectivité dans l’œuvre. Il n’est plus seulement question d’un art exclusivement canonique, conformes aux règles classiques et académiques, mais d’un art qui reflète l’intériorité de l’artiste.

Tout en s’inscrivant dans cette idée de rupture avec les codes classiques mais également de participation subjective de l’artiste dans son œuvre, l’art contemporain vient ajouter une dimension supplémentaire à cette révolution de  l’histoire de l’art. L’art contemporain entre effectivement dans un jeu de frontières avec ce qui est communément considéré comme de l’art. Bien au-delà d’exprimer leur intériorité comme ont pu le faire les artistes d’art modernes, les artistes contemporains vont jusqu’à franchir certaines limites juridiques et morales. Là où l’art moderne s’attachait à rechercher l’émotion esthétique, l’art contemporain recherche quant à lui la sensation voire parfois la provocation. N’ayant plus l’esthétique, au sens classique du terme,  pour finalité suprême, l’art contemporain devient alors un porte-parole de notre époque, un lieu d’expression des valeurs qui nécessite l’intervention physique ou intellectuelle du « spectateur ». C’est bien là une des raisons pour lesquelles il va avoir tendance à être incompris par un regardeur non-averti. Une des caractéristiques fondamentales de cet art est d’ailleurs le questionnement foisonnant qu’il suscite. Qu’est-ce que cela représente ? A quoi fait référence l’artiste ? Quel message cherche-t-il à transmettre ?

L’art contemporain, s’il peut déstabiliser à première vue, est un art qui pousse à réfléchir et qui implique une grille de lecture de lecture qui lui est propre. Ce n’est plus l’acte de création d’un objet ou d’une toile qui importe mais plutôt le contexte dans lequel l’œuvre prend son sens. La création artistique contemporaine consiste en une nouvelle façon de penser l’objet d’art, il n’est plus forcément question de créer quelque chose de ses mains ou de créer quelque chose de beau pour faire partie du domaine artistique, parfois juste détourner de son contexte un objet déjà créer (ready-made) peut suffire à être de l’art s’il implique bien-entendu une réflexion.

On comprend ainsi à quel point l’art contemporain a pu et continue de participer à une transgression des frontières de l’art qui étaient connu jusque-là. Cette notion nouvelle d’art dépasse d’ailleurs largement le champ des arts plastiques puisque l’art contemporain va même jusqu’à s’élargir à toutes formes d’arts comme  l’animation, le cinéma ou encore le théâtre.

Shirazeh HOUSHIARY, l’artiste iranienne à l’Espace Muraille de Genève.

Eric Freymond et Shirazeh Houshiary lors du vernissage de « The Grains Whirl and the Ripples Shift »

Caroline et Éric FREYMOND nous ouvrent les portes du monde envoûtant de Shirazeh HOUSHIARY, à travers une exposition intitulée « Les grains tourbillonnent et les ondulations se déplacent » (titre original en anglais : « The Grains Whirl and the Ripples Shift »). La talentueuse artiste en vogue exposera ses œuvres jusqu’au 17 septembre 2016 à l’Espace Muraille de Genève. C’est d’ailleurs en s’inspirant de l’architecture contemporaine de ce lieu fabuleux et atypique que Shirazeh HOUSHIARY a conçu ses œuvres pour l’exposition.

Née à Shiraz en Iran en 1955, Shirazeh HOUSHIARY s’installe en Grande Bretagne en 1974, où elle poursuivra ses études artistiques : d’abord à la Chelsea College of Art and Design puis à la Cardiff School of Art & Design. Elle commencera sa carrière en tant que sculptrice avant de s’adonner à la peinture également puis aux installations et aux films. Dans les années 80, elle est associée à un groupe d’artistes appelés les « New British Sculptors » dont font partie Anish Kapoor, Richard Deacon ou encore Tony Craag, mais son œuvre se distingue indéniablement de celle de ses compères par une forte influence perse.

En effet, bien que Shirazeh HOUSHIARY déclare ressentir plus d’affinités avec son pays d’adoption qu’avec l’Iran, son art apparaît pourtant continuellement empreint d’une certaine dimension spirituelle, issue de ses origines perses et du soufisme. En associant recherche plastique et expérience spirituelle elle parvient à créer un univers artistique à la fois mystique et métaphysique qui nous pousse à regarder au-delà de la surface des œuvres, pour ne pas dire au-delà des apparences réelles. D’ailleurs à travers le leitmotiv du voile, très présent dans ses œuvres, l’artiste peintre invite métaphoriquement à laisser tomber le voile qui, couvrant notre regard, limite et transforme notre perception du monde.

Poshirazeh 2ur en savoir plus :

Shirazeh Houshiari « Les grains tourbillonnent et les ondulations se déplacent » : http://www.espacemuraille.com/fr/expositions-temporaires/expositions-en-cours

ART SEEN – ‘The Grains Whirl and the Ripples Shift’ – Shirazeh Houshiary https://worldradio.ch/news/0516/art-seen-_-the-grains-whirl-and-the-ripples-shift-_-shirazeh-houshiary.html